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Gérard et Julie CONTON 

Editions Mémoires du Monde 

Pour plus de détails, voir l'onglet "livres publiés"

Mémoires du Monde

20 rue Notre-Dame

81 170 Cordes sur Ciel

05 63 43 48 55

contonjuliegerard@yahoo.fr

Gérard et Julie CONTON

Gérard et Julie Conton, écrivains et chercheurs, vivent à Cordes-sur-Ciel, bastide perchée du Tarn, ils poursuivent en ce lieu une démarche fondamentale autour des notions de géométrie et de mémoire. Leur travail se focalise sur le parallélisme entre le principe de symétrie omniprésent dans la matière, le cosmos, et le principe de symétrie qu'ils observent aujourd'hui dans l'organisation spatio-temporelle des mémoires humaines. Cette approche de la temporalité les mène à une réflexion très novatrice sur la structuration de l'inconscient collectif.

Ecrivains et conférenciers, ils publient ensemble des livres aux éditions Mémoires du Monde, ainsi que des articles de recherche historiques et culturels dans des revues spécialisées. 

Par leurs recherches, ils ouvrent une voie nouvelle : la géométrie pythagoricienne des ondes de forme temporelles et des roues de mémoire. Ils développent le concept philosophique d'architecture des mémoires à travers une géométrie métaphysique.

 

Le 5 mai 2013, au Salon du livre de Mazamet (81) Gérard et Julie Conton ont reçu le Prix de l'Oeuvre Originale.


Par ailleurs, Julie Conton écrit aussi des livres de symbolisme, et s'est consacrée notamment aux Runes et à la tradition nordique, ainsi qu'à l'Ogham celtique et au symbolisme des arbres. Elle intervient dans la troupe médiévale "Le Fou et sa Dame" pour présenter les Runes et l'Ogham.

 

Julie Conton (Elissalde), est née en 1973 à Talence. Elle passa son enfance et adolescence à l'île de la Réunion et au Maroc, puis obtint un bac scientifique mention TB à Aix-en Provence avant de faire deux années de khâgne et d'hypokhâgne au lycée Henri IV à Paris. Depuis l'adolescence, elle s'intéresse à la psychologie, au symbolisme, à l'ésotérisme, aux différentes mythologies et voies spirituelles. Après une maîtrise de lettres modernes à la Sorbonne (université Paris IV), elle enseigna pendant neuf ans. Elle se consacre désormais à l'écriture.

 

Gérard Conton est né en 1954 à Paris. Très jeune, il reçut des enseignements autour de la psychanalyse et de l'astrologie. Il fut champion de France au jeu de dames en 1973.  En parallèle d'une carrière de bibliothécaire, il suivit des cours en auditeur libre à l'école du Louvre, qui le menèrent à la critique d'art. Il accomplit une rupture définitive avec la capitale en 1998 pour se vouer pleinement, d'abord seul dans le silence rouergat, puis aujourd'hui à Cordes-sur-Ciel avec son épouse, à l'écriture et à la recherche.

 

Gérard et Julie Conton se passionnèrent tous deux très jeunes pour le symbolisme, et l'ordre caché de la connaissance. Ils cherchent aujourd'hui, à travers leurs recherches, à tisser des liens entre la science et la spiritualité.

Bibliographie et articles publiés

Fragments de Fulgurances Métaphysiques sur les Noces Cosmiques, Gérard Conton, 47 pages, juin 2003, ISBN 2-84672-028-2, titre épuisé, rare d'occasion, gouache du peintre Marc Janson en couverture

 

Le Zodiaque de Cordes-sur-Ciel, clés symboliques d'une bastide cathare du XIIIème siècle, Gérard et Julie Conton, illustrations de Eric Vulliez, 100 pages, 2008, ISBN 978-2-9532372-0-7, prix 21 €

 

L'Architecture des Mémoires, géométrie métaphysique et temporalité, Gérard et Julie Conton, illustrations de Eric Vulliez, 184 pages, 2009, ISBN 978-2-9532372-2-1, prix 21 €

 

Les Runes, écriture sacrée en Terre du Milieu, Julie Conton, 404 pages, décembre 2012, ISBN 978-2-9532372-5-2, prix 24,90 €, huile de Marc Janson en couverture

 

L'Ogham Celtique ou le symbolisme des arbres, Julie Conton, 392 pages, novembre 2014, ISBN 278-2-9532372-69, huile de Marc Janson en couverture


Toulouse-Lautrec ou les Labyrinthes du Temps, Gérard et Julie Conton, 424 pages, novembre 2015, ISBN 278-2-9532372-76

 

 

Articles parus dans la revue collective trimestrielle L'Astrologue, revue créée en 1968.

(revue des Editions Traditionnelles, 20 rue des Vaux Renards, 89 100 Saligny, 06 77 55 74 19

www.editionstraditionnelles.fr )


Ces articles présentent la géométrie pythagoricienne des ondes de forme et des roues de mémoire, issue des recherches de Gérard et Julie Conton.

 

"Un regard nouveau sur l'astrologie mondiale" , n°124, 1998, Gérard Conton

"La mort de Jean-Paul II", n°150, 2005, Gérard et Julie Conton

"Le double carré entrelacé d'Uranus", n°151/152, 2005, Gérard et Julie Conton

"Alchimisation d'un thème : Albert Einstein", n°156, 2006, Gérard et Julie Conton

"La Vème République et Charles de Gaulle", n° 158, 2007, Gérard et Julie Conton

"La Vème République et Georges Pompidou", n° 160, 2007, Gérard et Julie Conton

"La Vème République et Valéry Giscard d'Estaing", n°163, 2008, Gérard et Julie Conton

"La Vème République et François Mitterrand", n°170, 2010, Gérard et Julie Conton

"Les dates, les événements, les mémoires humaines s'organisent de manière géométrique", n°174, 2011, Gérard et Julie Conton

 

 

 

Interview dans la revue Liber Mirabilis n°61 de septembre-octobre 2010, "Rencontre avec Gérard et Julie Conton, écrivains et hermétistes", p.76 à 96.




Vous habitez Cordes-sur-Ciel et vous avez publié « Le Zodiaque de Cordes-sur-Ciel, clés symboliques d'une bastide cathare du XIIIème siècle » démontrant déjà votre intérêt pour la symbolique et l'hermétisme. Comment résumeriez-vous cet ouvrage ?

Ce livre est une approche à  la fois historique et symbolique de Cordes-sur-Ciel. Il convie le lecteur à une promenade symbolique à travers les rues et ruelles de Cordes. Nous avons, par nos recherches de terrain  d'une part, et en creusant dans la mémoire historique d'autre part, retrouvé la cohérence primitive d'ensemble de la cité, ce que l'on appelle le zodiaque d'un lieu. Nous avons observé des réseaux symboliques et les avons exhumés.
Les douze secteurs zodiacaux sont indiqués sur le plan de la ville au début de l'ouvrage puis nous montrons, secteur par secteur, à travers douze chapitres, ce qui relie le symbole du signe à l'architecture, les monuments, les sculptures présentes dans le secteur. Nous nous sommes intéressés aussi à la toponymie, le type d'activité présent sur les lieux, les orientations...
On trouve ainsi dans le secteur Bélier, parmi d'autres éléments bien sûr, une tête de Bélier gravée dans la pierre. La porte des Ormeaux, en Balance, est particulièrement intéressante, nous la commentons longuement. Nous faisons également observer certains miroirs : ainsi, les deux fontaines, celle de la rue Chaude et celle de la rue de Negui, sont respectivement en Vierge et Poissons, deux signes opposés.
Pour chaque secteur apparaît ainsi tout un tissu de cohérences symboliques...
Le blason de la ville est à mettre aussi en relation avec le zodiaque, nous l'évoquons dans l'introduction. Pour finir, le dernier chapitre évoque le fameux et mystérieux puits de Cordes, qui se trouve être au centre du zodiaque.
Plusieurs livres et études ont déjà été consacrés à Cordes mais cette approche particulière apporte un regard tout à fait nouveau sur cette cité.
 

 

Le très beau titre de votre nouveau livre laisse à penser que l'architecture traditionnelle, au-delà de sa beauté, préserve une certaine mémoire, même si cela n'est pas le sujet directement évoqué... Ne jouez-vous pas un peu sur les mots pour interpeller le lecteur ?

Evidemment l'on peut songer au « Grand Architecte » en parcourant la couverture de notre dernier livre. Ce clin d'oeil intentionnel et c'en est un, ouvre de nombreuses pistes. Le titre « L'Architecture des mémoires » évoque un bâti-patrimoine de la mémoire s'organisant en strates ou couches successives, entassements de dates porteuses de stratégie. Aussi un jeu complexe de cohérences, un dédale dont il s'agit de tirer le fil. Evoquons encore les labyrinthes au sol de certaines cathédrales comme Chartres ou quelque Tour de Babel abritant la cohérence cachée des mémoires enfouies dans la fatrasie des chronologies humaines. L'architecture révèle toujours un ordre caché, une géométrie secrète à qui veut voir, comprendre et connaître. Les cathédrales du Moyen-Age étaient les nefs du savoir de l'époque.  Aujourd'hui « L'Architecture des mémoires »  pénètre l'inconscient collectif, cathédrale de l'esprit de l'humanité.

Le titre  évoque le fait que les mémoires humaines, aussi variées soient-elles, s'organisent de manière géométrique, formant en quelque sorte une architecture harmonieuse, ce qui ne va pas forcément de soi, nous sommes là à contre courant d'une philosophie (de la philosophie dominante du moment) prônant l'idée de chaos, de non sens de l'existence ou d'absurde. Evidemment, le terme même d'architecture pose la question, en filigrane, de l'Architecte... A chacun d'y réfléchir. La réponse, si réponse il y a, ne peut être que personnelle... mais nous montrons des faits, géométriques et temporels à la fois, et c'est déjà énorme, car ces faits on ne peut pas les nier, ils existent bel et bien, que cela plaise ou non à certains. On ne peut pas nier que l'armistice, fin de la première guerre mondiale, a eu lieu un 11 novembre (1918), 48ème jour de l'automne, au miroir de la fin de la seconde guerre mondiale, un 8 mai (1945), 48ème jour du printemps ! Certains diront que c'est une coïncidence, certes, mais lorsque les coïncidences s'accumulent, cela ne devient-il pas une forme de loi ?  Einstein  disait : « Le hasard est le nom que prend Dieu quand il veut rester anonyme ».
Présenter concrètement et simplement, de manière accessible à tous, les mémoires humaines comme une gigantesque architecture révolutionne le concept même de la temporalité et de l'histoire. Nos livres sont souvent classés en ésotérisme ou spiritualités, mais nous pourrions être aussi en histoire ou philosophie. Dans notre société, tout est organisé, et de plus en plus, par secteur, par spécialisation, or nous sommes dans une démarche encyclopédique de synthèse, donc très gênants, difficiles  à classer. Nous n'entrons pas dans les petites cases !

La clé de vos calculs repose sur le miroir des solstices et des équinoxes qui engendrent une démarche géométrique.

Le miroir des solstices et des équinoxes est en fait un miroir pédagogique, pour bien faire saisir au lecteur la construction des roues de mémoire, la manière de positionner les dates par rapport au cercle zodiacal. L'équinoxe de printemps est le moment de l'année où le soleil entre en mode géocentrique dans le signe du Bélier, à 0°, et son miroir, l'équinoxe d'automne, est le moment où le soleil entre en mode géocentrique dans le signe opposé de la Balance. De même, le solstice d'été est le moment où le soleil entre en mode géocentrique dans le signe du Cancer et son miroir, le solstice d'hiver, est le moment où le soleil entre en mode géocentrique dans le signe opposé du Capricorne. Ces deux miroirs inscrivent la croix ou carré du début des saisons sur le cercle du zodiaque.
Les 360° du cercle correspondent ainsi aux 365 jours de l'année. Le soleil progresse en moyenne de 0°59' par jour sur le zodiaque mais la progression solaire vraie en mode géocentrique varie de 1°01' à 0°57', la Terre décrivant une ellipse et non un cercle autour du soleil. Seule l'exacte position solaire du jour importe pour la construction des figures, l'année n'intervenant pas dans la lecture.
Pour chacune des figures géométriques (miroir, carré, triangle isocèle, pentagone, heptagone), nous avons indiqué avec la plus grande précision possible la position en degrés et minutes de chaque pointe en bas de page.

Symétrie et géométrie sont au coeur des réflexions de votre livre. Pouvez-vous préciser en quoi ces deux matières rapprochent, selon vous, la métaphysique et la temporalité ?

La temporalité, les dates, s'organisent de manière géométrique, la symétrie est toujours présente. Derrière la géométrie qui relie les dates se cache un sens métaphysique ou du moins des questionnements métaphysiques. Quel est le sens de chaque figure, que peuvent-elles nous dire, nous apprendre ? Au-delà de l'aspect purement géométrique, il y a un sens à comprendre, à décrypter. D'où notre sous-titre « géométrie métaphysique et temporalité », l'expression même peut intriguer, interpeller, car habituellement, la géométrie, dans le champ des mathématiques, ne côtoie pas directement la métaphysique ou la philosophie. Ceci est aussi un aspect très novateur de notre livre : nous mêlons mathématique et philosophie, esprit cartésien et esprit d'analogie, sciences et sciences humaines.

Tout ceci étant précisé, « L'Architecture des Mémoires » déniche une harmonie qui dépasse, de loin, le champ mathématique ainsi que l'architecture des lieux. Selon votre thèse, dates et évènements répondent à un ordre cosmique.

Oui, dates et événements, qu'ils soient à l'échelle individuelle, familiale ou mondiale, politique, historique, répondent à un ordre, une harmonie cosmique qui englobe tout. Nous sommes effectivement dans le concept de Cosmos, terme utilisé par Pythagore dans le sens d'harmonie, par opposition au Chaos, le désordre, ce qui est informe. Ce concept du Cosmos, nous le montrons concrètement à travers ces figures que nous avons baptisées roues de mémoire ou ondes de forme temporelles, non pas de manière abstraite et purement philosophique, mais à travers l'organisation des dates connues et reconnues, que personne ne peut nier. Cette organisation repose sur le nombre et la géométrie. Ce qui est complètement nouveau dans nos recherches, c'est que nous incarnons très concrètement des idées qui jusqu'ici, n'étaient qu'abstraites. C'est en quelque sorte une révolution de la pensée concernant le concept du temps, de l'histoire. Einstein a montré qu'en physique, temps et espace étaient indissociables, ce fut révolutionnaire, nous montrons ici, et cela rejoint la physique, que les dates s'organisent spatialement de manière géométrique.
Les cohérences entre dates s'inscrivent parfois sur plusieurs siècles. Par exemple, nous montrons le triangle isocèle de Louis de Funès, le « gendarme de Saint-Tropez » : un 31 juillet (1914), 37ème jour de l'été, naissance de Louis de Funès, au miroir, un 27 janvier (1983), 37ème jour de l'hiver, mort de Louis de Funès. Troisième pointe du triangle isocèle : le 27 avril 68 (dans notre calendrier grégorien), 37ème jour du printemps, la date de mort de Torpetius, Torpes, qui donna son nom à Saint-Tropez ! Et sur la date de naissance de Louis de Funès, le 31 juillet (1801), l'arrêté d'organisation de la gendarmerie nationale par Bonaparte !
L'Architecture des Mémoires est en fait une sorte d'introduction générale à nos recherches. Volontairement dans ce livre, nous abordons des sujets extrêmement variés, du Moyen-Age à aujourd'hui, de la croisade contre l'Occitanie à l'Edit de Nantes, de Molière à J. S. Bach, de Napoléon à Baudelaire, de Pierre et Marie Curie à la construction européenne, de l'Abbé Pierre à Martin Luther King et Barak Obama. Sous forme d'un grand nombre de petits chapitres illustrés à chaque fois du schéma temporel, ce livre est écrit pour être «digeste » et permet à tout un chacun de s'approprier cette notion d'ordre cosmique basé sur la géométrie temporelle.

Comme autre exemple pour nos lecteurs, pourriez-vous évoquer les deux miroirs de la Bastille ?

Gérard : Le miroir est jeu subtil réfléchissant une image sur le cercle des saisons. Ainsi le miroir du froid et du chaud, de l'hiver et de l'été se renvoient l'un l'autre leur élément contraire. Donnons encore un exemple concret et précisons notre pensée : au 20ème jour de l'hiver (le 13 janvier) répond en miroir le 20ème jour de l'été (le 14 juillet), les deux points opposés sur le cercle des saisons.  Et si un 13 janvier sous Louis XIV vit la Fronde prendre la Bastille, au miroir, un 14 juillet sous Louis XVI  vit le peuple de Paris aussi prendre la Bastille ! Chaque mémoire appelle son miroir dans la roue des saisons. Ce miroir est à la fois un miroir d'analogie (deux prises de la Bastille) et un miroir d'opposés (sous Louis XIV la Bastille fut prise sans combat, sous Louis XVI la prise de la Bastille donna lieu à un assaut et une fusillade)

Au miroir du 14 juillet 1789, la fameuse prise de la Bastille, symbole républicain, eut donc lieu le 13 janvier 1649 une première prise de la Bastille, moins connue, sous la Fronde, pendant la minorité de Louis XIV. Encore une précision sur ce miroir d'opposés : une prise de la Bastille méconnue (la première) et une prise de la Bastille célèbre (la dernière).
Sur ce miroir se greffe un second miroir : au miroir de la prise de la Bastille en 1789, le 13 janvier (1755) naît Pierre Palloy, l'entrepreneur chargé de la démolition de la Bastille. Il fit fortune en vendant les pierres de l'édifice transformées en souvenirs républicains à la mode ! Il eut l'idée d'utiliser les pierres de la Bastille sous forme de sculptures des héros révolutionnaires et de forteresses en miniature. Au miroir de sa naissance, c'est l'évènement de sa vie qui va l'enrichir.

Vous faites référence à l'école antique de Pythagore, en quoi « l'Architecture des Mémoires » se rattache-t-elle à celle-ci ?

Julie : Il reste en fait très peu d'écrits de Pythagore, mathématicien, astrologue, philosophe grec du  VIème siècle avant J. C, on connaît évidemment mieux Platon, qui fut son disciple, mais on sait d'après la tradition, que pour son école, l'harmonie cosmique repose sur le nombre et la géométrie. Le Nombre était considéré comme la clé de la Connaissance. Tout le monde connaît son fameux théorème pour calculer l'hypothénuse d'un triangle rectangle, il était à la fois un grand mathématicien et un mystique. Sa quête de l'harmonie était d'ordre cosmique mais aussi musicale, il inventa notre gamme occidentale diatonique. Nous nous sentons très proches de ce courant de pensée.

Vous évoquez également l'inconscient collectif de Jung...

Effectivement, Jung a développé le concept d'inconscient collectif. L'inconscient collectif rejoint la mémoire collective et nous montrons qu'elle s'organise de manière géométrique. Des mémoires anciennes se greffent sur de nouvelles, il y a une sorte d'imprégnation inconsciente qui nous dépasse.

L'inconscient collectif jungien, stratification des expériences millénaires de l'humanité, est héréditaire. Il se transmet d'une génération à l'autre dans les archétypes. Et évoquer la stratification des expériences millénaires fondamentales mène inmanquablement à évoquer la stratification des mémoires humaines dans le socio-culturel, leurs empilements sur des mêmes dates-mémoires, et la force des mémoires.

Cela ne pose t-il pas la question du libre-arbitre ?

Oui, ces architectures interrogent quant à la part de la volonté humaine. C'est une grande question. Je dirais, et ce ne sont que quelques réflexions personnelles, que le libre-arbitre humain existe toujours, mais dans le cadre d'une certaine détermination générale géométrico temporelle. La liberté existe, mais elle est relative. De même que pour vivre, nous sommes bien obligés de respirer ou de s'alimenter, il y a des conditions, nous ne sommes donc pas complètement libres, et pourtant, nous avons, individuellement du moins, une grande marge de manoeuvre. D'autre part, beaucoup de miroirs ou de figures géométriques font intervenir la mort, et en général on ne choisit pas cette date, et même si on la choisit, ce n'est pas par soucis d'architecture ! Donc les miroirs et autres formes géométriques plus complexes se construisent en général inconsciemment, mais ils se construisent. Nous posons volontairement des actes mais l'aspect géométrique nous échappe et agit à notre insu, de même que nous n'intervenons pas sur les lois physiques qui gouvernent la matière. Mais il est vrai que « ces architectures de la mémoire » ouvrent de nouvelles questions et une vraie réflexion philosophique concernant le concept de liberté et de détermination...

L'inconscient collectif est héréditaire. L'hérédité amoindrit elle la liberté ? Le débat est peut être ailleurs. Cette question de la liberté est souvent l'expression d'une peur fondamentale, la peur de l'homme de se voir contester ses ultimes privilèges. Il se croyait au centre de l'univers puis vinrent Copernic et Galilée, il se croyait délivré de la chaîne évolutive puis vint Darwin...  Galilée n'écrivit-il pas deux jours avant sa mort « La Philosophie est écrite dans ce livre gigantesque (...) je parle de l'univers, mais on ne peut le comprendre si d'abord on n'apprends pas à comprendre la langue et à connaître les caractères dans lesquels il est écrit. Il est écrit en langage mathématique, et les caractères sont des triangles, des cercles et d'autres figures géométriques, sans lesquelles il est impossible d'y comprendre un mot ».
La vérité métaphysique qui s'énonce par des triangles, des miroirs et des carrés amoindrit-elle la  liberté humaine ? La vérité ne saurait se restreindre. Toute recherche fondamentale suppose une ouverture d'esprit dégagée des préjugés, de tous les préjugés.   

J'imagine qu'un troisième livre est en gestation... Peut-on avoir une esquisse ?

Parler de l'écriture en gestation est chose délicate. Au-delà du vague sentiment superstitieux de la nécessité de taire la création pour ne pas lui porter tort, il est parfois difficile d'évoquer les tâtonnements du moment justement parce que la chose est à naître. Nous pouvons peut-être lâcher néanmoins que notre prochain livre traitera d'un sujet pictural..

Ce troisième livre traitera toujours d'architectures temporelles selon le même principe de construction que dans « l'Architecture des Mémoires », mais cette fois-ci sur un sujet plus ciblé, lié à la peinture occidentale. Nous allons en quelque sorte « rayonner » et faire des variations autour d'un sujet central. Lorsque nous tirons un fil de ces architectures, nous sommes forcément amenés à autre chose et toute la difficulté est de savoir où s'arrêter. Car de proche en proche, les mémoires s'accumulant en couches temporelles successives et se connectant les unes aux autres, nous pouvons  être amenés assez loin du thème de départ. Mais c'est aussi l'intérêt de nos livres que de montrer que cette organisation cosmique est gigantesque et donne un peu le vertige...
Nous avons matière déjà pour plusieurs autres livres et beaucoup de travail en perspective !